Elle dit le reste bas.- Je te pardonne, mais tu le payeras. VALÈRE.- J’entends quelqu’un qui chante, et qui coupe du bois. quelque récompense. [30] Boutez dessus : mettez dessus, couvrez-vous. Pourquoi vous videz-vous ? MARTINE.- Voyez un peu l’habile homme, avec son benêt d’Aristote. vous ne vous rendez pas encore : et vous vous défendez d’être médecin ? LUCAS.- Je vous demandons excuse, de la libarté que j’avons prise. de commission : et je ne sais pas moi, ce que je pensons attraper. [19] Quinteux : "capricieux, fantasque" (Furetière). [23] Fossette : jeu qui consiste à lancer des billes dans un petit trou, ou fossette. VALÈRE.- Monsieur, vous ne vous repentirez pas de nous montrer ce que vous êtes : et vous verrez assurément, que vous en serez satisfait. , je ne sais combien de maladies. Cf. . MARTINE.- Et que veux-tu pendant ce temps, que je fasse avec ma famille ? (Acad. .- Ah, ah, ah, ah. Vos petits glougloux ! ! En 1666, en août c'est Le Médecin malgré lui, puis il produit pour les fêtes données par le roi au château de Saint-Germain-en-Laye, Mélicerte en décembre, Pastorale comique au début janvier 1667, Le Sicilien en février 1667. (1734). le mot de Gargantua : "De ma nature, je dors salé." Je vois bien qu’il se faut servir du remède. [i] Tripoter, c’est "mêler plusieurs choses ensemble" (Furetière) ; un tripotage est donc le fait de tout mélanger, de tout confondre. Sganarelle dévoile sa véritable identité à Léandre car il lui fait confiance. Il faut donc s’y résoudre. Sénèque, à la suite d’Aristote : "Il n’y a jamais eu de grand génie sans mélange de folie" (De Tranquillitate animi). Il n’y a pas trois semaines, encore, qu’un jeune enfant de douze ans, tomba du haut du clocher, en bas, et se brisa, sur le pavé, la tête, les bras et les jambes. VALÈRE.- À quoi bon nier ce qu’on sait ? de notaire qui me fit signer ma ruine. SGANARELLE.- La, la, la... Ma foi, c’est assez travaillé pour boire un coup [27] Le texte de 1667 porte : c’est assez travaillé pour un coup. MARTINE.- Et je te dis moi, que je veux que tu vives à ma fantaisie : et que je ne me suis point mariée avec toi, pour souffrir tes fredaines. (Haut.) SGANARELLE.- Ô la grande fatigue que d’avoir une femme : et qu’Aristote a bien raison, quand il dit qu’une femme est pire qu’un démon [1] Faut-il préciser qu’Aristote n’a jamais rien dit de pareil ? (1682). SGANARELLE.- Diable emporte, si je le savais ! s’abaisse à parler de la sorte ? . . SGANARELLE.- Que maudit soit le bec cornu [i] Bec cornu (ou beque cornu), transcription de l’italien becco cornuto (bouc, cornard). MARTINE.- Il s’appelle Sganarelle : mais il est aisé à connaître. Qu’ils sont doux C’est donc, le médecin des paroquets [21] VAR. Messieurs, je vous demande pardon, je ne vous voyais pas : et cherchais dans ma tête quelque chose qui m’embarrasse. SGANARELLE.- Ma femme, allons tout doucement, s’il vous plaît. VALÈRE, bas.- Je vois bien qu’il faut se servir du remède [33] VAR. VAR. , laissons là ce chapitre, il suffit que nous savons ce que nous savons : et que tu fus bien heureuse de me trouver. Messieurs, je suis tout ce qu’il vous plaira. (1734). (1734). que me voulez-vous dire [32] VAR. Martine veut alors se venger de Sganarelle car il l’a battu. [1] Faut-il préciser qu’Aristote n’a jamais rien dit de pareil ? Vous, marchez là-dessus, par ordonnance du médecin. [9] Touche la : au XVIIe siècle, donner la main à quelqu’un est signe d’accord, d’alliance ou, comme ici, de réconciliation. voilà qui va bien, Monsieur, je suis ravi de vous voir raisonnable. SGANARELLE.- Il est vrai que tu me fis trop d’honneur : et que j’eus lieu de me louer la première nuit de nos noces. Le Médecin malgré lui, oeuvre complète. (1682). Un habit jaune et vart ! M. ROBERT, voisin de Sganarelle. SGANARELLE.- Je n’y épargne aucune chose, et les fais d’une façon qu’il n’y a rien à dire. VALÈRE.- Nous vous conduirons. . Et enfin Sganarelle est libre. Que tu m’as donnés. . Un habit jaune et vart ! VALÈRE.- Chacun a ses soins [17] Ses soins : ses soucis. VALÈRE.- Je vous assure que j’en ai tous les regrets du monde. (Rabelais, Gargantua, XXII). LUCAS.- Palsanguenne, velà un médecin qui me plaît ; je pense qu’il réussira ; car il est bouffon. . SGANARELLE.- Non je te dis que je n’en veux rien faire ; et que c’est à moi de parler et d’être le maître. Quand j’ai bien bu, et bien mangé, je veux que tout le monde soit saoul dans ma maison. LUCAS.- Monsieu, boutez dessus [30] Boutez dessus : mettez dessus, couvrez-vous. Valère et Lucas viennent alors lui demander ses services de médecin pour guérir la fille de leur maître. Il se dispute souvent avec sa femme, Martine qui lui reproche de mal se conduire et de ne rien faire à la maison. Sganarelle essaie d’approcher Jaqueline car il veut la séduire. LUCAS [12] VAR. The aristocrat Dom Juan is a rakehell who seduces, marries, and abandons Elvira, discarded as just another romantic conquest. 1694). MARTINE.- Et que je ne sache pas trouver le moyen de te ranger à ton devoir ? (1734). vous en voulez, donc. SGANARELLE.- Je n’ai que faire de votre aide. Je vous parle sincèrement, et ne suis pas homme à surfaire. LE MÉDECIN MALGRÉ LUI Comédie ACTEURS SGANARELLE, mari de Martine. LUCAS.- Par ma figué [37] Par ma figué : par ma foi. Il lui mit, l’ayant vue, une petite goutte de je ne sais quoi dans la bouche : et dans le même instant, elle se leva de son lit, et se mit, aussitôt, à se promener dans sa chambre, comme si de rien n’eût été. Later, he invites to dinner the statue of a man … Que voulez-vous dire ? (1734). VALÈRE.- Ne parlons point de cela, s’il vous plaît. VALÈRE.- Il fallait que ce fût quelque goutte d’or potable [22] Or potable : solution alcoolique qui contenait du chlorure d’or et qui passait pour une potion miracle. Vous êtes le plus habile médecin du monde. MARTINE [4] VAR. , comme tous les diables [28] VAR. . Lucas dénonce Sganarelle et Léandre à Géronte. VALÈRE.- Je vous demande, si ce n’est pas vous, qui se nomme Sganarelle [29] Pour une construction analogue, voyez le vers 945 du Dépit amoureux et le vers 68 de Sganarelle ou le cocu imaginaire. MARTINE.- Qui me vend, pièce à pièce, tout ce qui est dans le logis. L’action est perdue de vue au profit du procès de la médecine. Dom Juan, L’Amour médecin, Le médecin malgré lui, M. de Pourceaugnac sont emplies de traits plaisants et d’accusations grave dirigées contre les médecins. SGANARELLE, bas.- Voici des gens bien pleins de cérémonie. Allons, morbleu, il ne faut point engendrer de mélancolie. , qu’entre l’arbre et le doigt, il ne faut point mettre l’écorce [8] VAR. SGANARELLE.- Je vous jure que vous ne les auriez pas, s’il s’en fallait un double [31] S’il s’en fallait un double : si vous en offriez deux deniers de moins. ma petite friponne, que je t’aime, mon petit bouchon [i] Mon petit bouchon : expression tendre que Sganarelle adresse à Isabelle dans L’École des maris (II, 9, v. 769). .- Parguenne [i] Parguenne : Lucas parle le patois paysan des environs de Paris qu’on a déjà entendu au IIe acte de Dom Juan. , j’en sis fâché, franchement. SGANARELLE.- Ne nous emportons point ma femme. VALÈRE.- Monsieur, nous savons les choses. LUCAS.- Tout ce tripotage [i] Tripoter, c’est "mêler plusieurs choses ensemble" (Furetière) ; un tripotage est donc le fait de tout mélanger, de tout confondre. VALÈRE.- De grâce, Monsieur, ne dissimulez point avec nous. VAR. (1682). Valère et Lucas viennent alors lui demander ses services de médecin pour guérir la fille de leur maître. [i] Fraimes : déguisements, feintes (Fraime est une forme paysanne pour frime, comme médeçaine pour médecine, vaigne pour vigne, etc.). VALÈRE.- Pour ce que vous êtes, pour un grand médecin. SGANARELLE.- En ce cas, c’est moi, qui se nomme Sganarelle. (C’est le sens de l’italien basta). Je vois bien qu’il se faut servir du remède. MARTINE.- Vous le trouverez, maintenant, vers ce petit lieu que voilà, qui s’amuse à couper du bois. LUCAS.- Un habit jaune et vert ! Mais Géronte ne veut pas qu’il l’épousecar il n’est pas assez riche. Dans Sganarelle ou le Cocu imaginaire (1660), la pièce qui remporta le plus de succès du vivant de Molière, Sganarelle est un bourgeois de Paris qui, se fiant aux apparences, croit que sa femme le trompe. VALÈRE.- On trouve quelquefois, à force de chercher, ce qu’on ne trouve pas d’abord : et souvent, en de simples lieux... MARTINE.- Oui, il faut que je m’en venge à quelque prix que ce soit : ces coups de bâton me reviennent au cœur, je ne les saurais digérer, et... (Elle dit tout ceci en rêvant : de sorte que ne prenant pas garde à ces deux hommes, elle les heurte en se retournant, et leur dit) Ah ! Nous vaudra. La Comédie de proverbes d’Adien de Montluc, comte de Cramail, II, 6 : "Si tu m’importunes davantage, tu me déroberas un soufflet." Cf. SGANARELLE.- Et vous êtes un impertinent, de vous ingérer des affaires d’autrui : apprenez que Cicéron dit [7] Nouvelle invention fantaisiste. LUCAS à Valère, sans voir Martine. MARTINE.- Qui me demandent à toute heure, du pain. , le plus merveilleux homme du monde, pour les maladies désespérées. [i] Fraimes : déguisements, feintes (Fraime est une forme paysanne pour frime, comme médeçaine pour médecine, vaigne pour vigne, etc.). Texte intégral avec note et notice. (1682). (1682). Mais mon sort ferait bien des jaloux, . (1734). Horace qui est libéral, a bonne part aux prétentions qu’on peut avoir sur sa personne : et quoiqu’elle ait fait voir de l’amitié pour un certain Léandre, tu sais bien que son père n’a jamais voulu consentir à le recevoir pour son gendre. LUCAS.- Mais quelle fantaisie s’est-il boutée là dans la tête, puisque les médecins y avont tous perdu leur latin ? VALÈRE.- C’est une chose admirable, que tous les grands hommes ont toujours du caprice, quelque petit grain de folie mêlé à leur science [20] Cf. Sénèque, à la suite d’Aristote : "Il n’y a jamais eu de grand génie sans mélange de folie" (De Tranquillitate animi). (1682). SGANARELLE.- Doux objet de mes vœux, je vous frotterai les oreilles. M. ROBERT.- Ah ! Je n’oublierai pas. Dans L'Amour médecin (1665).Il veut garder sa fille (et la dot) pour lui-même, refusant tout prétendant. Il chante. . VALÈRE.- Monsieur, c’est trop de grâce que vous nous faites : mais, Monsieur, couvrez-vous, s’il vous plaît, le soleil pourrait vous incommoder. Touche là [9] Touche la : au XVIIe siècle, donner la main à quelqu’un est signe d’accord, d’alliance ou, comme ici, de réconciliation. SGANARELLE.- Je vous promets, que je ne saurais les donner à moins. Baste : suffit ! Un médecin qui a guéri. MARTINE.- J’ai quatre pauvres petits enfants sur les bras. Lucinde a décidé de se remettre à parler. MARTINE.- Oui ! Est-il bien assuré que je sois médecin ? [6] VAR. MARTINE.- Et qui du matin jusqu’au soir, ne fait que jouer, et que boire. Après avoir avoir auscultée Lucinde, n’étant pas médecin, il fait semblant de connaître sa maladie. VALÈRE.- Une femme était tenue pour morte, il y avait six heures ; elle était prête à ensevelir, lorsqu’avec une goutte de quelque chose, vous la fîtes revenir, et marcher d’abord, par la chambre. SGANARELLE.- Oui, habile homme, trouve-moi un faiseur de fagots, qui sache, comme moi, raisonner des choses, qui ait servi six ans, un fameux médecin, et qui ait su dans son jeune âge, son rudiment [2] Le rudiment est un "petit livre qui contient les principes de la langue latine." morguenne, laissez-nous faire, s’il ne tient qu’à battre, la vache est à nous [25] La vache est à nous : expression familière équivalant à la tournure : "l’affaire est dans le sac." , j’avons pris là, tous deux, une gueble [13] Guèble : déformation de "diable." [22] Or potable : solution alcoolique qui contenait du chlorure d’or et qui passait pour une potion miracle. [12] VAR. Sgnarelle est un bûcheron. Ici il pose la bouteille à terre, et Valère se baissant pour le saluer, comme il croit que c’est à dessein de la prendre, il la met de l’autre côté : ensuite de quoi, Lucas faisant la même chose, il la reprend, et la tient contre son estomac, avec divers gestes qui font un grand jeu de théâtre.-, Pour une construction analogue, voyez le vers 945 du, se tournant vers Valère, puis vers Lucas.-, Tripoter, c’est "mêler plusieurs choses ensemble" (Furetière) ; un. Melicerte: 1667: La Pastorale comique Le Sicilien ou l’Amour-peintre: 1668: Amphitryon Georges Dandin SGANARELLE.- Voilà le vrai moyen de vous apaiser. [2] Le rudiment est un "petit livre qui contient les principes de la langue latine." C’est donc le médecin des perroquets ? C’est ainsi que nous en usons, quand nous avons besoin de lui. MARTINE.- Qu’avez-vous à voir là-dessus ? médecin. Puis Géronte accepte finalement que Léandre épouse sa fille car il a hérité de la fortune de son oncle. . La Comédie de proverbes d’Adien de Montluc, comte de Cramail, II, 6 : "Si tu m’importunes davantage, tu me déroberas un soufflet.". . VALÈRE.- Puisque vous le voulez, il faut s’y résoudre [36] VAR. Monsieur, encore un coup, je vous prie d’avouer ce que vous êtes. 1694). VALÈRE.- Enfin, Monsieur, vous aurez contentement avec nous : et vous gagnerez ce que vous voudrez, en vous laissant conduire où nous prétendons vous mener. Je sais bien qu’une femme a toujours dans les mains de quoi se venger d’un mari : mais c’est une punition trop délicate pour mon pendard. C’est donc le médecin des perroquets ? Hé ! LUCAS.- Pourquoi toutes ces fraimes-là ? où faut-il se transporter ? MARTINE, les mains sur les côtés, lui parle en le faisant reculer, et à la fin, lui donne un soufflet.- Et je veux qu’il me batte, moi. ne sart de rian, je savons, çen que je savons. VALÈRE.- À de certaines choses, dont nous serions marris. VALÈRE, bas.- Voilà sa folie qui le tient. MARTINE, femme de Sganarelle. ah ! (Puis se tournant vers Lucas en crachant.) [14] VAR. On la tenait morte, il y avait déjà six heures : et l’on se disposait à l’ensevelir, lorsqu’on y fit venir de force, l’homme dont nous parlons. [8] VAR. Hé bien, Messieurs, oui, puisque vous le voulez, je suis médecin, je suis médecin, apothicaire encore, si vous le trouvez bon. MARTINE, criant. MARTINE, seule.- Va, quelque mine que je fasse, je n’oublie pas [10] VAR. Sganarelle avait mis une robe et un  chapeau de médecin. , et que vous ne prendriez jamais, pour ce qu’il est. [i] Bec cornu (ou beque cornu), transcription de l’italien becco cornuto (bouc, cornard). VALÈRE.- Il faut que cet homme-là, ait la médecine universelle [24] La médecine universelle : le remède universel, la panacée. SGANARELLE.- Donne-leur le fouet. Elle lui donne un soufflet. Ensuite Léandre fit appel à Sganarelle car il voudrait approcher Lucinde. [20] Cf. LUCAS.- Et testigué, ne lantiponez [34] Lantiponer : traîner les choses en longueur, lanterner. SGANARELLE.- Ma petite femme, ma mie, votre peau vous démange, à votre ordinaire. (1734). . VALÈRE.- Comment ? VALÈRE.- Nous ne voulons que lui faire toutes les civilités que nous pourrons. VALÈRE, à Lucas. LUCAS.- Eh ! (1682). SGANARELLE.- Je gagnerai ce que je voudrai ? Mais pour ceux que je fais... VALÈRE.- Eh ! VALÈRE, domestique de Géronte. MARTINE.- Voyez un peu cet impertinent, qui veut empêcher les maris de battre leurs femmes. Sénèque, à la suite d’Aristote : "Il n’y a jamais eu de grand génie sans mélange de folie" (. (Haut.) VALÈRE.- Mais est-il bien vrai, qu’il soit si habile, que vous le dites ? LUCAS.- Je pense que vous dites vrai : et que j’avons bouté le nez dessus. SGANARELLE entre sur le théâtre en chantant, et tenant une bouteille.- La, la, la. Il est question d’aller voir une fille, qui a perdu la parole. SGANARELLE.- Si c’est quelque chose, Messieurs, qui dépende de mon petit négoce, je suis tout prêt à vous rendre service. SGANARELLE.- Ah ! Pour qui me prenez-vous ? Il faut donc s’y résoudre. [24] La médecine universelle : le remède universel, la panacée. ah ! Il y a six mois, qu’une femme fut abandonnée de tous les autres médecins. Issu d'une famille de marchands parisien, Jean-Baptiste Poquelin se consacre au théâtre à 21 ans après la rencontre de Madeleine, Joseph et Geneviève Béjart… Si... Que diable, à qui en veulent ces gens-là ? M. ROBERT. Nous corrigeons d’après l’édition de 1682.  : prenons un peu d’haleine. Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Je vois bien qu’il se faut servir du remède. LUCAS.- Testigué, velà justement, l’homme qu’il nous faut : allons vite le charcher. (1682). que le Ciel m’inspire une admirable invention pour me venger de mon pendard. . après m’avoir ainsi battue ! .- Nous sommes bien heureux d’avoir fait cette rencontre : et j’en conçois, pour moi, la meilleure espérance du monde. VALÈRE.- Monsieur, ce n’est pas cela, dont il est question. MARTINE.- Qu’appelles-tu bien heureuse de te trouver ? Plusieurs médecins ont déjà épuisé toute leur science après elle : mais on trouve, parfois, des gens avec des secrets admirables, de certains remèdes particuliers, qui font le plus souvent, ce que les autres n’ont su faire, et c’est là, ce que nous cherchons. Nous corrigeons d’après l’édition de 1682. SGANARELLE.- Tu es une folle, de prendre garde à cela. (1682). [3] C’est vivre de ménage : mauvais jeu de mots, traditionnel à l’époque, reposant sur les deux sens possibles de l’expression : vivre avec économie et vivre en vendant son mobilier. SGANARELLE.- Si vous savez les choses, vous savez que je les vends cela. Quel dessein auraient-ils ? (Haut.) LUCAS.- Il n’est pas vrai qu’ous sayez médecin ? [29] Pour une construction analogue, voyez le vers 945 du Dépit amoureux et le vers 68 de Sganarelle ou le cocu imaginaire. (Acad. MARTINE.- Mais souvenez-vous bien au moins, de l’avertissement que je vous ai donné. (C’est le sens de l’italien, les mains sur les côtés, lui parle en le faisant reculer, et à la fin, lui donne un soufflet.-, Il passe ensuite vers le mari, qui, pareillement, lui parle toujours, en le faisant reculer, le frappe avec le même bâton, et le met en fuite, il dit à la fin.-, Parguenne : Lucas parle le patois paysan des environs de Paris qu’on a déjà entendu au IIe acte de, Cf. le mot de Gargantua : "De ma nature, je dors salé." Un homme qui me réduit à l’hôpital, un débauché, un traître qui me mange tout ce que j’ai ? le mot de Gargantua : "De ma, les apercevant, les regarde en se tournant vers l’un, et puis vers l’autre, et, abaissant sa voix, dit.-, Mon petit bouchon : expression tendre que Sganarelle adresse à Isabelle dans, à part. VALÈRE.- Monsieur, c’est se moquer que... SGANARELLE.- Je ne me moque point, je n’en puis rien rabattre. MARTINE. SGANARELLE.- Il prend un bâton, et lui en donne.- Ah ! Le théâtre de Molière Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, est né à Paris, baptisé le 15 janvier 1622 en l'église Saint-Eustache, et mort le 17 février 1673 à l'âge de 51 ans. Elle fait croire a Valère et Lucas que Sganarelle est un talentueux médecin. LUCAS à Valère, sans voir Martine. SGANARELLE.- Mais, aussi, je les vends cent dix sols, le cent. VALÈRE.- Parlons d’autre façon, de grâce. (Il boit, et dit après avoir bu.) . (Ensuite il revient vers sa femme, et lui dit, en lui pressant la main) Ô çà faisons la paix nous deux. VALÈRE.- Nous vous remercions du plaisir que vous nous faites. MARTINE.- Que j’endure éternellement, tes insolences, et tes débauches ? [38] VAR. LUCAS.- Le velà tout craché, comme on nous l’a défiguré. Valère et Lucas avait amené Sganarelle chez Géronte car sa file, Lucinde, avait perdu la parole. j’y consens de tout mon cœur. SGANARELLE.- Il est vrai, Messieurs, que je suis le premier homme du monde, pour faire des fagots. SGANARELLE.- Vous n’avez rien à me commander. SGANARELLE.- Non, en conscience, vous en payerez cela. Ici il pose la bouteille à terre, et Valère se baissant pour le saluer, comme il croit que c’est à dessein de la prendre, il la met de l’autre côté : ensuite de quoi, Lucas faisant la même chose, il la reprend, et la tient contre son estomac, avec divers gestes qui font un grand jeu de théâtre.- Ils consultent en me regardant. SGANARELLE.- Tu as menti, j’en bois une partie. à quoi est-ce que ça vous sart ? Ce sont petites choses qui sont, de temps en temps, nécessaires dans l’amitié : et cinq ou six coups de bâton, entre gens qui s’aiment, ne font que ragaillardir l’affection. Allons, Monsieur. qu’un homme si savant, un fameux médecin, comme vous êtes, veuille se déguiser aux yeux du monde, et tenir enterrés les beaux talents qu’il a ? SGANARELLE.- Ah ! C’est un homme qui a une large barbe noire, et qui porte une fraise, avec un habit jaune et vert. SGANARELLE.- Je la veux battre, si je le veux : et ne la veux pas battre, si je ne le veux pas. Elle lui donne un soufflet. (1682). VALÈRE.- Ah ! Personnage : Sganarelle, mari de Martine;     Martine, femme de Sganarelle;     M. Robert, voisin de Sganarelle;     Valère, domestique de Géronte;     Lucas, mari de Jaqueline;     Géronte, père de Lucinde;     Jacqueline, nourrice chez Géronte et femme de Lucas; Lucinde, fille de Géronte;     Léondre, amant de Lucinde;     Thibaut, père de Perrin;     Perrin, fils de Thibaut et paysan. Léandre, déguisé en pharmacien, accompagne Sganarelle chez Géronte. VALÈRE.- Monsieur, il ne faut pas trouver étrange que nous venions à vous : les habiles gens sont toujours recherchés, et nous sommes instruits de votre capacité. (1734). MARTINE.- Et vous êtes un sot, de venir vous fourrer où vous n’avez que faire [6] VAR. C’est donc le médecin des perroquets ? MARTINE.- Comment ? . Qu’ils sont doux SGANARELLE.- C’est pour ne me point ennuyer. MARTINE.- Non, c’est un homme extraordinaire, qui se plaît à cela, fantasque, bizarre, quinteux [19] Quinteux : "capricieux, fantasque" (Furetière). (Rabelais, Gargantua, XXII). [5] Qu’est-ce ci : qu’est-ce ici ? Il va vêtu d’une façon extravagante, affecte, quelquefois, de paraître ignorant, tient sa science renfermée, et ne fuit rien tant tous les jours, que d’exercer les merveilleux talents qu’il a eus du Ciel, pour la médecine. [31] S’il s’en fallait un double : si vous en offriez deux deniers de moins. il faut bien obéir à notre maître : et puis, nous avons intérêt, l’un et l’autre, à la santé de sa fille, notre maîtresse, et, sans doute, son mariage différé par sa maladie, nous vaudrait [16] VAR. [21] VAR. . MARTINE.- C’est bien à toi, vraiment, à te plaindre de cette affaire : devrais-tu être un seul moment, sans rendre grâces au Ciel de m’avoir pour ta femme, et méritais-tu d’épouser une personne comme moi ? morbleu, ne me fais point parler là-dessus, je dirais de certaines choses... SGANARELLE.- Baste [i] Baste : suffit ! SGANARELLE.- Parbleu, venez-en à tout ce qu’il vous plaira, je ne suis point médecin : et ne sais ce que vous me voulez dire. VALÈRE.- Quoi ? MARTINE.- Je te montrerai bien que je ne te crains nullement. SGANARELLE.- Mais, Messieurs, dites-moi, ne vous trompez-vous point vous-mêmes ? . Faut-il préciser qu’Aristote n’a jamais rien dit de pareil ? (1734). MARTINE.- Qui m’a ôté jusqu’au lit que j’avais. Je veux une vengeance qui se fasse un peu mieux sentir : et ce n’est pas contentement, pour l’injure que j’ai reçue. ? Géronte appelle alors un commissaire pour le juger. MARTINE.- Traître, insolent, trompeur, lâche, coquin, pendard, gueux, belître, fripon, maraud, voleur... ! SGANARELLE, présentant sa bouteille à Valère.- Tenez cela vous : voilà où je mets mes juleps [i] Julep (prononcé julet dans le peuple) : "potion douce et agréable qu’on donne aux malades" (Furetière). Mais M. Robert vient les interrompre pour empêcher Sganarelle de la battre. MARTINE. SGANARELLE.- Ma chère moitié, vous avez envie de me dérober quelque chose [i] Me dérober quelque chose : Cf. LUCAS.- À quoi bon, nous bailler la peine de vous battre ? MARTINE, rêvant à part elle.- Ne puis-je point trouver quelque invention pour me venger ? (1682). SGANARELLE.- Que diable est ceci, Messieurs, de grâce, est-ce pour rire, ou si tous deux, vous extravaguez, de vouloir que je sois médecin ? Molière, vlastním jménem Jean-Baptiste Poquelin, (15. ledna 1622 – 17. února 1673) byl francouzský herec, spisovatel a dramatik období francouzského klasicismu, tzv. SGANARELLE.- On en déménage plus aisément. [27] Le texte de 1667 porte : c’est assez travaillé pour un coup. MARTINE.- Cela pourrait bien être. (C’est le sens de l’italien basta). [i] Mon petit bouchon : expression tendre que Sganarelle adresse à Isabelle dans L’École des maris (II, 9, v. 769). En 1665, il crée L'Amour médecin. VALÈRE.- Cela se pourrait faire, et nous tâchons de rencontrer quelque habile homme, quelque médecin particulier, qui pût donner quelque soulagement à la fille de notre maître, attaquée d’une maladie qui lui a ôté, tout d’un coup, l’usage de la langue. Ah ! [i] Baste : suffit !